Burlotto: signature d’un Barolo classique et élégant

Domaine de référence: depuis quelque 150 ans, l’Azienda Burlotto perpétue la tradition du Nebbiolo.

On arrive au sommet de la colline par un beau début de journée automnale. Verduno, village encore endormi sous le soleil légèrement embrumé.

Odeur de moût en fermentation et de rafles, les vendanges battent leur plein, mettent un peu de rythme qui brise le silence des cours intérieures: cliquetis des tuyaux qu’on assemble, ronronnement de la pompe. Il en va ainsi chez Burlotto où deux employés s’activent aux remontages, quotidiens à cette période, arrosant copieusement le chapeau de marc de majestueuses cuves tronconiques en bois.

Jovial, alerte, disert, passionné, Fabio Burlotto nous emmène faire le tour du propriétaire, précis dans ses explications en impeccable français. Passage obligé dans les nouveaux locaux d’entreposage des stocks, avant un tour dans le chai à barriques, divisé en deux niveaux reliés entre eux, ce qui permet de travailler par gravité le cas échéant.

En fait de barriques, ce sont les foudres qui dominent ici, des contenants de 35 à 50 hectolitres, majoritairement en chêne de l’Allier.

C’est là que les différents Barolo seront élevés pendant près de 30 mois, les autres cépages y faisant des passages beaucoup plus courts. Quant aux fûts de 3 et 5 hectolitres, ils sont réservés aux Barbera et Sauvignon blanc.

Fabio (photo) aime bien insister sur son style qu’il veut très classique, dans la tradition du Barolo, alors que d’autres vignerons locaux ont opté pour une approche plus moderne et fédératrice. Il est vrai que le domaine existe depuis quelque 150 ans et qu’il fait figure de référence historique dans la région.

À la vigne, sous la responsabilité de son père Giuseppe, les rendements restent bas, entre 35 et 45 hectolitres par hectare, et à la cave – le « territoire » de Fabio – on ne force pas sur les extractions.

La philosophie est bien de sublimer ce terroir de Verduno, véritable signature des Burlotto puisque c’est là que tout a commencé sous la patte du fondateur Giovan Battista – le « Commandant », arrière-grand-père de Fabio – déjà convaincu à l’époque que les sols argilo-calcaires de Monvilgliero et Cannubi allaient produire de grands vins.

« Nous ne voulons pas créer des vins de concours mais des vins de typicité, qui reflètent fidèlement les parcelles et le cépage dont ils proviennent, » résume Fabio Burlotto.

Il suffit de goûter les différents Barolo du domaine pour réaliser qu’ils ont chacun leur caractère propre, défini par le terroir, et composent une gamme d’une remarquable cohérence.

L’AZIENDA BURLOTTO EN BREF:

Terroir

Les sols sont majoritairement argilo-calcaires, sablonneux à certains endroits, comme dans le vignoble de Cannubi. L’encépagement des 12 hectares du domaine est dominé par le Nebiolo (env. 5 ha), la Barbera (env. 3 ha) et le Pelaverga. Les autres cépages cultivés sont le Dolcetto, le Freisa (un cépage local) et le Sauvignon blanc. À noter que le Pelaverga est un cépage typique de Verduno. Il ne reste que dix producteurs de Pelaverga dans tout le Piémont. « C’est un cépage qui a presque disparu, pendant longtemps, nous avons été les seuls à le conserver, mon père et ma mère demandant aux autres viticulteurs de récolter leur Pelaverga et de l’amener chez nous pour que nous le vinifions, » explique Fabio Burlotto.

Viticulture

Le systèmes Guyot est appliqué à toutes les vignes, et la viticulture suit les principes de l’agriculture raisonnée, avec des traitement réduits au minimum. « Nous ne nous sentons pas encore prêts pour passer au bio, » précise Fabio Burlotto. « Nous observons, nous y allons progressivement, le climat du Piémont nous incite à la prudence, d’autres viticulteurs de la région se sont lancés dans la viticulture biologique brutalement et ont perdu leurs récoltes. »

Vinification

Les levures indigènes sont utilisées pour toutes les fermentations. En ce qui concerne le Dolcetto et le Pelaverga, les macérations ne durent que quelques jours afin de garder un maximum de fraîcheur. Elles sont plus longues (10 à 12 jours) pour les Barbera et s’étendent sur deux à trois semaines pour les Barolo, voire deux mois pour la cuvée Monvigliero, vinifiée en grappes entières. Les remontages sont réguliers en phase de fermentation mais courts, relayés ensuite par des pigeages. Fabio Burlotto veille à un contrôle très strict de l’oxygénation.

Le Sauvignon blanc subit une légère macération pelliculaire et finit sa vinification en fût après débourbage en cuve inox.

DÉGUSTATION

Burlotto, Verduno Pelaverga 2011

Pas très coloré, embaumant la fraise et les groseilles, voilà un vin de caractère, gourmand, très frais, aux tanins croquants et à la finale légèrement poivrée.

Burlotto, Dolcetto d’Alba 2011

Avec son nez floral (rose) et épicé et une bouche tout en rondeur, à la matière aimable, ce Dolcetto se veut résolument facile d’approche, d’une légèreté bien équilibrée.

Burlotto, Barbera d’Asti 2011

Mis en bouteille en août 2012, le Barbera classique est déjà bien en place, expansif, ouvert sur la griotte et la pivoine. Suavité de texture et fraîcheur du fruit gomment littéralement les 14,5% d’alcool pour façonner un ensemble très digeste.

Burlotto, Barbera d’Asti Aves 2011

Plus boisé et fumé au nez que la cuvée classique, Aves montre déjà une jolie bouche, dense, à la structure généreusement tannique. Un vin avec beaucoup de potentiel quand il aura entièrement digéré sa mise.

Burlotto, Langhe Freisa 2011

Nez de groseille, de ronce et de réglisse, bouche un brin rustique, tannique mais équilibrée, marquée par des arômes de café.

Burlotto, Langhe Mores 2010

Assemblage à part égale de Barbera et de Nebbiolo, cette cuvée passe 11 mois en fûts de 3 et 5 hectolitres puis 8 mois en cuves inox ou en foudre selon les années. Le millésime 2010 s’exprime sur un boisé élégant et des senteurs de vieille rose et d’eucalyptus. Jouant sur de fines notes fumées et épicées en attaque, la bouche dévoile un corps sphérique, des tanins serrés et une finale balsamique.

Burlotto, Langhe Nebbiolo 2011

Goûté un mois après sa mise en bouteille, ce mélange vivifiant de mûre, de fraise et de violette, pulpeux et gouleyant à souhait, va rapidement trouver ses marques. On aime cette fraîcheur aromatique en finale, relevée par des notes de girofle.

Burlotto, Barolo 2008

Dans le Piémont, 2008 a été un millésime très classique qui a donné des Barolo distingués, d’une tannicité équilibrée, plus élancés que volumineux. C’est le cas ici où la matière se révèle déjà bien patinée, au fruité présent et charnu.

Burlotto, Barolo Acclivi 2008

Issu d’une sélection parcellaire, l’Acclivi est porté par la framboise, les épices douces, la violette et le tabac blond. Longiligne en bouche, structuré, doté d’une assise tannique encore ferme, c’est un vin qui va gagner en expressivité avec le temps.

Burlotto, Barolo Monvigliero 2008

Superbe complexité du nez, qui évolue tour à tour sur la fraise croquante, la réglisse, la cannelle, la truffe et le cuir. La bouche n’est pas en reste, tout en allonge, au subtil équilibre et à la douceur de tanins qui s’étire dans une finale fraîche, mentholée.

Burlotto, Barolo Canubi 2008

Epices, boisé fin, cuir dominent les premières perceptions olfactives alors que les notes poivrées et fumées ressortent en bouche. Celle-ci ne manque ni d’élégance ni d’harmonie, ni de longueur, même si les tanins sont moins fondus à ce stade que ceux du Monvigliero.

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